Le pétrole et son coût en 2020 : les revers économiques du covid-19

 

 

Le double coup du choc des prix du pétrole et le Coronavirus (COVID-19) ont frappé durement les pays en développement exportateurs de pétrole à une période où l'industrie des combustibles fossiles fait face à un processus de déclin structurel. Bien que certains pays aient pu surmonter la crise grâce à des fonds souverains ou à des niveaux d'endettement public relativement bas, ce ne sera pas le cas pour la majorité des pays fragiles exportateurs de pétrole, dont beaucoup dépendent des ressources et sont déjà aux prises avec des niveaux d'endettement et fragilité économique et sociale multiforme avant la crise actuelle. 

 

L’effondrement du marché pétrolier

Les pays exportateurs nets de pétrole subissent un double coup sans précédent ; une contraction économique mondiale induite par la pandémie COVID-19 et un effondrement du marché pétrolier avec le prix de référence du pétrole brut américain, devenant brièvement négatif pour la première fois de l'histoire (en avril 2020). 

Sur la base d'un prix du pétrole de 30 USD le baril, rapport indiquent que les revenus pétroliers et gaziers d'un certain nombre de producteurs clés ont chuté de 50 à 85% en 2020. 

La crise qui a frappé 2020 s’est produit dans le contexte plus large d'un déclin structurel du marché des combustibles fossiles, motivé par un engagement envers la décarbonisation par un certain nombre de pays ainsi que par les changements technologiques plus larges qui font progressivement des énergies renouvelables l'option énergétique préférée. 

Le prix mondial du pétrole est devenu au fur et à mesure instable depuis les années 1970. L'avènement du trading à ‘’terme’’ a entraîné une plus grande spéculation sur le marché.

 L'augmentation de la demande dans les pays en développement, ainsi que l'augmentation de l'offre entraînée par les nouvelles productions, ont également contribué aux fluctuations de ces dernières années. Pourtant, les retombées de la pandémie de COVID-19 ont pris tout le monde par surprise, poussant les prix du pétrole à un niveau bas. Même si les prix sont revenus à peu près à la normal, il est peu probable que les moments de la récession de 2008 se répète. 

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Raisons de ces fortes percussions sur les exportateurs de pétrole.

La crise a particulièrement frappé durement les pays en développement exportateurs de pétrole, pour deux raisons :

  • Premièrement, le fait que beaucoup de pays exportateurs de pétrole dépendent uniquement de leurs exportations de pétrole les a énormément rendus vulnérables à l’instabilité des marchés. Malgré que la plupart des pays dépendant des produits basiques dans le monde sont en Afrique subsaharienne, le gaz et le pétrole constituent une grande majorité (60% et plus) du commerce dans les pays tels que l’Algérie, la République islamique de d’Iran, la Libye, l’Iraq etc.
  • Deuxièmement, bon nombre de ces pays étaient déjà dans de précaire positions bien avant la crise, et une nouvelle détérioration a exacerbée les fragilités existantes. Plus de la moitié des pays à revenu faible et intermédiaire de la tranche inférieure dépendant du pétrole et du gaz pour leurs exportations et leurs revenus sont classés comme « fragiles ».